Diagnostic, intérêts et perspective de préservation

Par Julien Salette, Conseiller Technique des Plâtres Vieujot,  Région Occitane, diplômé Master 2 Histoire des Techniques du plâtre en Provence (14ème-17ème siècle)

Zone d’enquête :
Seule une partie de la vieille ville a été analysée. Le pré-inventaire s’est donc concentré sur la rue Naugé, la rue des chapeliers, la porte de la Leude, la rue Malbec, la rue de la Daurade, la rue des Escoliers et les façades de l’Eglise de la Daurade.

Bilan :
Les observations de façades ont permis de voir une très grande variété d’utilisation du plâtre. Le plâtre est bien un liant important du patrimoine architectural de Tarascon. Cette grande variété des utilisations du plâtre n’est pas commune et attire l’attention sur un patrimoine caractéristique des zones de production du plâtre. Le plâtre du Tarasconnais n’était pas exclusivement exporté, il est aussi utilisé localement. Les différentes utilisations du plâtre en extérieur mettent en évidence des finitions soignées (enduit de façade blancs, colorés ou pierre d’encadrement) et des usages plus rustiques (remplissage mur et sol).

Utilisation du plâtre et gypse dans les constructions :
– gypse scié pour encadrement de baies ou de porte
– Enduits de façade en plâtre blanc finement tamisé
– Enduits de façade en plâtre teinté dans la masse
– remplissage mural maison à pans de bois : plâtre/paille
– remplissage sol d’étage : plâtre/rafle de maïs

1. Le gypse scié en encadrement de baies ou de portes

A Tarascon, le gypse est utilisé comme pierre de taille. Sur le plan technique ces blocs ne semblent pas taillés mais sciés. Pour cet usage il faut un gypse dur de très bonne qualité.

L’usage de blocs de gypse sciés suggère la présence locale de moulins hydrauliques à scier les pierres à proximité des carrières.

Au 17 rue Naugé, une grande majorité des blocs d’encadrement de la façade sont en gypse scié (rez-de-chaussée + étages).

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2. Le remplissage des murs à pans de bois

Le mortier plâtre-paille au 1 rue de la Daurade.

Au regard des traces observées sur le plâtre, il semblerait que le remplissage a été fait par coffrage de la partie extérieure et remplissage de l’intérieur. Les artisans n’ont donc pas eu besoin d’un échafaudage. La technique de mise en œuvre semble orientée par la réduction des coûts. Malgré un rez-de-chaussée des années 70-80, le 1er étage pourrait être ancien. Un bel exemple d’architecture tarasconnaise à préserver.

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3. L’isolation des planchers : le mortier plâtre-coucaril

Coucaril : nom occitan qui désigne la rafle du maïs, soit la partie centrale des épis une fois les grains enlevés.

platre-colore-jaune-en-finition-5L’association plâtre-coucaril est courante dans l’habitat ancien du Tarasconnais. Ici, nous l’observons en isolation phonique et thermique des planchers d’étage, mais, en intérieur, d’autres cas de cloisons réalisées selon ce mode de fabrication existent.

4. Le plâtre d’extérieur finement tamisé

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Au 10 rue Naugé : façade du rez-de-chaussée. Deux couches de plâtre ; la couche intérieure est en plâtre blanc ; la couche de finition est en plâtre coloré de jaune.

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