L’exploitation souterraine du gypse du Sédour

Par Jean Mouchard, géomètre des plâtrières de Tarascon dans les années 60

L’évaluation du gisement :

Une étude géologique approfondie a été menée entre 1960 et 1970 afin d’évaluer la morphologie de la masse interne de gypse au sein de la montagne du Sédour. Cette analyse a été réalisée par carottages verticaux et inclinés. Cette analyse a permis d’établir un plan d’exploitation par chambres et piliers en accord avec le Service des Mines pour tous les étages.

Les galeries :

Les galeries d’exploitation ont une section de 7 mètres de largeur sur 6 mètres de hauteur. Le stoss (ou plancher) a une épaisseur de 4 mètres. Chaque étage est accessible par une rampe de 10 % environ.

Ci-dessus : Dessin de Jean Mouchard (juin 2017)

L’aération des galeries :

Des cheminées d’aération permettent l’oxygénation de tous les niveaux. La ventilation forcée est obtenue par un ventilateur électrique situé en extérieur et relié aux galeries par un conduit Pladie d’un diamètre d’1 mètre.

Les moyens d’exploitation :

La masse de gypse est perforée par un jumbo électrique et un compresseur électrique muni d’un bras hydraulique sur lequel circule un perforateur électrique adapté sur une glissière entraînant burins et vrilles pour le percement de trous. La vrille d’un diamètre de 3cm mesure 3 mètres de long environ. 35 à 40 trous sont réalisés par zone sur une profondeur de 3 mètres. Une fois le front de taille perforé, les trous sont chargés d’explosifs encartouchés et bourrés afin de contenir et orienter l’explosion dans la masse gypseuse. L’amorce de l’explosif est actionnée à l’aide d’un détonateur électrique du n°0 à 12.

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Ci-dessus : Perforation du gypse dans la carrière d’Arignac (09) avant bourrage à l’explosif.

 

Chargement et transport du gypse de la carrière à l’usine de Tarascon :

Cette phase technique a été sous-traitée à l’entreprise Caralp-Antoniutti qui se chargeait de l’aménagement des pistes d’accès, des découvertes, du chargement et du transport du gypse. Les découvertes et pistes d’accès à l’exploitation à ciel ouvert sont réalisées dans les années 60 à l’aide d’une pelle mécanique sur chenilles. Deux chargeurs de marque « Michigan » sont également en service. Le transport est assuré par 2 ou 3 camions selon les besoins de l’usine. Chacun des camions a une capacité de 20 tonnes environ. Après les tirs, les blocs trop importants étaient débités à l’aide d’un brise roche conduit par Armindo Dacosta, avant d’être chargés sur les camions.

 

Ci-dessous  : Deux photos des engins de l’entreprise locale Caralp-Antonuitti dans les galeries de gypse d’Arignac.

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