Les Estriche mosellans : urgence d’un sauvetage technique et artistique.

par Marie Gloc (conservatrice des monuments historiques, DRAC Grand Est) et

par Alexandre Burtard (historien de l’architecture, La Manufacture du Patrimoine, Paris).

Marie Gloc, née en 1969  est Conservateur général du patrimoine et docteur de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE) (thèse de doctorat sur Edouard-Jules Corroyer (1835-1904), Construire, restaurer, écrire. L’architecture dans tous ses états, sous la direction de Jean-Michel Leniaud, 2003). Après des études d’histoire et d’histoire de l’art à Strasbourg, Nancy et Paris, elle intègre l’Ecole nationale du Patrimoine en 1996. Chercheur puis chef  du service de l’Inventaire et du Patrimoine du département de la Moselle de 2003 à 2014. Elle est aujourd’hui conservateur des Monuments historiques à la Direction régionale des Affaires culturelles du Grand-Est, site de Metz. Outre l’architecture du XIXe siècle, elle a travaillé sur le peintre Nicolas Untersteller et sur les décors monumentaux du peintre Camille Hilaire. Actuellement, elle travaille sur Gaston Save, peintre, archéologue et érudit lorrain, et s’attache par ailleurs à reconstituer l’histoire du réaménagement de la cathédrale de Nancy aux XIXe et XXe siècles.

Alexandre Burtard, né en 1982, Historien et historien de l’art, est diplômé de l’université de Nancy 2. Ses sujets de recherche ont porté sur les conséquences du concile de Trente, sur l’aménagement des églises en Lorraine du XVIIe au XIXe siècle, et sur les décors en plâtre moulé dans l’architecture rurale de Moselle germanophone. Après des expériences professionnelles dans plusieurs institutions publiques, il co-fonde en 2013 La Manufacture du Patrimoine. Ce bureau d’étude a récemment réalisé plusieurs études patrimoniales
(notamment sur l’architecture du XXe siècle pour des DRAC), et effectue, pour le Centre des Monuments nationaux et la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, des missions de récolement et d’informatisation de données. Pour l’Atelier d’urbanisme Blanc-Duché, Alexandre Burtard collabore à la réalisation des plans de sauvegarde et de mise en valeur de Metz, Sedan, Nancy, Angoulême.

 

Résumé de la communication


Les décors en plâtre moulé visibles dans certaines maisons de Moselle orientale sont un patrimoine menacé et peu étudié. Redécouvert au début du XXe siècle par le folkloriste Pinck, en raison de leur caractère décoratif, les maisons à Estrich constituent une originalité architecturale qui s’est développée en Lorraine germanophone entre les XVIIe et XIXe siècles.

En 2005-2006, une enquête thématique, suite à une découverte fortuite, conduit Alexandre Burtard et Marie Gloc à étudier ce sujet, à en initier une cartographie et à constituer un thésaurus des types existant dans le département de la Moselle. L’étude de cette technique de couvrement ouvre alors de nombreux questionnements sur la mise en oeuvre, les points de comparaison, les foyers de diffusion et le sens des décors figurant sur les entrevous à Estrich.

Actuellement, la préservation et la connaissance de ces éléments de gros oeuvre et de décor sont également des enjeux pour le patrimoine de Moselle orientale, tant la disparition de l’Estrich tend à s’accélérer ces dernières années.

Bibliographie sélective

  • Plafonds à estrich de Moselle orientale dans le cadre de l’Inventaire du patrimoine de la commune de Hallering (XVIIe siècle – XIXe siècle), 2006, mémoire de master 2 d’histoire de l’art de l’université de Nancy 2, sous la direction de Pierre Sesmat et Philippe Martin. Lauréat du prix d’histoire Hinzelin 2007 de l’Académie des Sciences, Arts et Lettres de Metz.
  • « Plafonds à estrich de Hallering : contribution à la recherche des décors menacés en milieu rural », dans Les Cahiers lorrains, n° 3-4, 2012, p. 42-57.
  • « Exemples d’approche des plafonds à estrich de Moselle orientale », dans Livraisons d’Histoire de l’Architecture, n° 18, 2009, p. 51-64.